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 La situation géographique et climatique
 

La situation géographique de Bagan, sur la rive Est du grand fleuve, l'Irrawady, au pied du volcan éteint du Mont Popa, à un coude à 90° du fleuve, qui lui conférait une protection naturelle fut donc la brillante capitale du 11e au 13e siècle d'un Royaume qui englobait de nombreuses régions autour. Un véritable empire aux confins encore peu connus.

L'Irrawady est un peu à la Birmanie ce que le Nil est à l'Egypte (la comparaison avec le fleuve-roi, est principalement à chercher dans son apport à la civilisation birmane), il est la grande voie de communication entre le Nord et le Sud de la Birmanie, mais aussi entre l'Inde et la Chine. Bagan était un port fluvial naturel

L'Irrrawady a un débit régulier avec de basses eaux pendant la saison sèche (Janvier et Février). C'est un fleuve chargé d'alluvions, qui dépose chaque année sur ses berges (et sur les nombreuses îles qui s'y forment à la saison sèche) de quoi rendre des terres fertiles qui font le bonheur des agriculteurs locaux.

Pendant les crues de Juillet et Aout qui correspondent à la fonte des neiges du Tibet, le fleuve devient impétueux, alimenté au Nord de l'actuel Myitkina par plusieurs rivières montagneuses, mais aussi par les moussons du golfe du Bengale.

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UN CLIMAT ARIDE :
Du point de vue climatique, Bagan est beaucoup moins favorisé. La région est caractérisée par sa sécheresse (environ 550 mm de pluie par an et parfois moins- contre 5 mètres sur les côtes voisines de l'Arakhan) Un climat quasi désertique pendant la saison sèche.

Devant l'aridité d'un tel climat la question s'est donc posée de savoir si les conditions n'avaient pas changées depuis l'époque du royaume de Bagan. En fait les études sérieuses prouvent que non. L'image de la cité royale baignant dans une végétation luxuriante est un mythe, tout comme les rizières, puisqu'aucun système d'irrigation (qui aurait été indispensable à la culture du riz) n'a été retrouvé. Par contre il y a toujours des réservoirs à eau près des temples, ce qui prouve dès cette époque la rareté de l'eau. Un climat donc très défavorable à l'instauration d'une grande communauté humaine, sauf que l'on sait que les rois de Bagans vivaient du négoce et non de l'agriculture et qu'ils importaient des régions voisines colonisées tout ce dont ils avaient besoin. La saison des pluies qui aurait pu être la bienfaitrice est elle même courte et irrégulière. Elle commence fin Mai, puis s'arrête fin Août et il pleut encore à la mi-Octobre. Ces pluies sont trop courtes, trop rares et trop irrégulières pour que les habitants puissent investir dans une quelconque agriculture.

Seules poussent ici, les plantes adaptées à la sécheresse : le sésame, le sorgho, l'arachide, et le palmier à sucre. L'agriculture est tellement vunérable que certaines années où il ne pleut pas du tout la récolte du sésame est perdue. La moyenne de jours de pluie par an, est de 30 jours , le plus souvent de façon violente.

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Bagan est donc bien l'épicentre de la zone aride en Birmanie. Les températures varient peu avec des moyennes élevées, 30°/40° en saison chaude et 20/35° en saison humide. Les maxima (à l'ombre) montent fréquemment à 40°C. D'une manière concomittente, l'humidité de l'air est extrêmement basse; on donne souvent 55% le matin et 20% l'après-midi voire moins quand soufflent les vents de sable.

La végétation est adaptée. Outre les rares cultures dominées par l'Arachide, les arbres sont les palmiers à sucre (on écrivait sur des feuilles de palmiers), des brousailles avec des cactus qui montent quelquefois à 3 mètres, des acacias (arbres à feuilles caduques) et aussi parfois de gros arbres, des tamariniers, des manguiers, des jujubiers.

Ce qui frappe à Bagan, par rapport aux images verdoyantes de l'Asie traditionnelle, c'est l'absence des buffles et des rizières. Ici les rares bovins sont de maigres zébus.

A l'Ouest Bagan est séparé du golfe du Bengale par la chaîne de montagnes de l'Arakhan, le dernier rempart étant le mont Tant Kyi Tang sur la rive droite de l'Irrawady, en face de Bagan, ce qui explique l'absence de la mousson et de pluie en général. L'eau est donc le bien le plus précieux. La nappe phréatique est trop profonde pour y creuser des puits (sauf à quelques endroits trop rares) L'eau provient surtout des réservoirs (qui captent l'eau des quelques pluies) et l'eau du fleuve.

Aujourd'hui Bagan reste le siège historique d'un des plus grands témoignages de l'histoire médiévale de l'Asie du Sud-Est; "gardien du temple" si l'on peut dire. Aujourd'hui, le développement d'une ville importante n'est guère possible et les habitants de Bagan continueront donc à veiller sur les traditions. 

Les pélerins bouddhistes et les touristes lui apporteront un peu de mieux vivre. Mais dans la situation de l'ensemble de la Birmanie en ce début de 21e siècle, aucune amélioration n'est à attendre. Bagan mériterait mieux qu'une "donation" de ceux qui ont le pouvoir. A New Bagan, après avoir été chassé au début des années 90, de leurs habitations, les Baganais attendent encore les promesses d'aménagement, les infrastructures, le soutien qu'on leur avait promis... Et à Bagan, c'est comme la pluie ça n'arrive pas souvent.

 

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